Nathalie Auzépy réinvente Paris au musée Carnavalet

Créatrice aux multiples facettes, Nathalie Auzépy investit le musée Carnavalet et nous convie, à travers ses oeuvres poétiques et interactives, à vivre une expérience artistique parisienne.

© Elodie Dupuis

Nathalie Auzépy a plus d'une corde à son arc. Ses territoires d'expression sont multiples : elle est à la fois architecte d'intérieur, designer, scénographe, plasticienne et musicienne à ses heures. Pour le festival D'Days qui s'est déroulé début juin à Paris, et jusqu'au 5 juillet, elle expose une petite dizaine d'oeuvres au musée Carnavalet, consacré à l'histoire de la capitale et à ses habitants, et nous invite à une déambulation spatiale, sonore et interactive.

L'exposition commence dès les jardins classés de l'hôtel Carnavalet : au centre de buis taillés à la française, trône L'arbre à l'être, une arbre en métal blanc de 2,50 mètres de haut, aux branchages d'une extrême légèreté. Suspendues à ces branches par de minces fils métalliques, des lettres composant des mots extraits d'un poème de Louis Aragon sur Paris bougent au gré du vent. Plus loin dans le jardin, disposés en symétrie, se trouvent deux autres créations de l'artiste, les Feuilles de ville. Ces structures en forme de feuille d'arbre dressée, accrochées à leur ombre au sol, sont en métal découpé et recouvertes de poli-miroir sur une face. Tel un moucharabieh urbain, les Feuilles de villes reprennent le plan de Paris : on distingue fleuve, rues et quartiers découpés finement, comme une feuille à laquelle un enfant aurait retiré toute sa matière pour n'y laisser que les ramifications.

L'expérience parisienne de Nathalie Auzépy se poursuit à l'intérieur, dans la galerie reliant l'hôtel Carnavalet et l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, les deux bâtiments composant le musée. Autour du thème "Paris est une femme", elle revisite des tableaux représentant des scènes de la vie parisienne : on se retrouve ainsi au milieu d'un cortège des communiantes drapées de blanc, dans la cour du Pré-Catelan ou encore au théâtre. Les tableaux s'animent grâce à des effets sonores et visuels, créant ainsi une interaction avec le visiteur. Nathalie Auzépy met ici en relation les Parisiennes d'hier et d'aujourd'hui. Enfin, dans l'ancienne salle de bal, une dernière oeuvre est exposée : L'arbre de vie est une structure en forme d'arbre, fabriquée en bois de châtaignier issu de la forêt bretonne de Brocéliande. Mi-arbre, mi-instrument de musique, cette création évoque les tensions urbaines en mouvement illustrées par le métro parisien : entre chaque branche, les cordes tendues sont aux couleurs des différentes lignes de métros de la capitale. Les visiteurs sont bien sûr invités à toucher, caresser, pincer cordes et branches pour créer des sons inattendus, mais aussi du lien et de l'échange. Ce lien qui unit souvent les Parisiens dans leur (cher) métro.

  • Où ? Exposition "Une expérience artistique parisienne", au musée Carnavalet, 16 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris
  • Quand ? Jusqu'au 5 juillet 2015, du mardi au dimanche, de 10h à 18h
  • Entrée libre (l'accès aux collections permanentes du musée est gratuit)
  • Sites : www.nads.fr - www.carnavalet.paris.fr
L'arbre à l'être de Nathalie Auzépy © Elodie Dupuis
Feuille de ville de Nathalie Auzépy © Elodie Dupuis
Feuille de ville de Nathalie Auzépy © Elodie Dupuis
Détail de L'arbre à l'être de Nathalie Auzépy © Elodie Dupuis
Scénographie par Nathalie Auzépy © Elodie Dupuis
Scénographie par Nathalie Auzépy © Elodie Dupuis
Nathalie Auzépy et sa création L'arbre de vie © Elodie Dupuis
Détail de L'arbre de vie de Nathalie Auzépy © Elodie Dupuis