Bien chauffer sa maison en hiver

L’hiver est bien installé. Et puisque les températures chutent, on se réfugie à la maison, au chaud. Mais comment maintenir la chaleur à l'intérieur, sans la gaspiller et voir sa facture atteindre des sommets ? Par ici la réponse.

Bien chauffer sa maison en hiver
© Elodie Rothan

Des gestes simples et évidents pour rester au chaud

Pour André Joffre, président de Qualit'EnR, organisme de Qualification dans le domaine des énergies renouvelables, le bon sens est la clé ! Alors adoptez de bons réflexes : purgez vos radiateurs, faites réviser chaudières et conduits de cheminée à la fin de la saison estivale, afin que votre équipement soit opérationnel à l'arrivée du froid. Désencombrez la zone où se trouve la source de chaleur pour qu'elle se diffuse correctement dans l'espace. Dépoussiérez votre chauffage régulièrement, coupez-le lorsque vous aérez, tirez les rideaux, déroulez les tapis, empêchez l'air froid de s'infiltrer sous votre porte d'entrée, avec un boudin par exemple. Enfin, isolez correctement les tuyaux d'espaces inoccupés, comme des combles ou un garage, pour que la chaleur ne se perde pas.

Maintenir une température idéale chez soi

Il est indispensable de contrôler la chaleur chez soi. "On recommande par exemple de maintenir une température générale de 19°C dans son intérieur, 17°C ou 18°C dans les chambres à coucher, c'est mieux pour le repos", précise André Joffre. Que les frileux gardent leur pull car pousser le chauffage d'un degré supplémentaire implique une augmentation de 7 % de sa consommation ! Par chance, le thermostat programmable s'est largement développé. "L'appareil se révèle intéressant puisqu'il régule la température intérieure selon nos préférences et la température extérieure, en s'appuyant sur ses détecteurs de présence", continue d'expliquer le chef d'entreprise. Mais préserver la chaleur ne peut se faire que par une isolation parfaite de son habitat.

Isoler correctement son intérieur

La question de la consommation d'énergies demeure préoccupante car ses conséquences touchent l'environnement et l'économie. Aussi, les gestes ne suffisent pas : une bonne isolation et une étanchéité à l'air sont indispensables contre son gaspillage énergétique. Et c'est un problème qui se gère aux fondements du bâtiment. "Il est nécessaire de bien isoler les murs, la toiture, le sol et les combles (pour une maison, en utilisant de la laine minérale par exemple, elle est assez économique), de s'assurer que les fenêtres sont aux normes. On le fait couramment dans le neuf, c'est un peu plus compliqué dans l'ancien, même s'il existe des solutions : aujourd'hui, les bâtiments collectifs peuvent profiter d'une isolation par l'extérieur, grâce une sorte de "mur-manteau", après validation de la copropriété. Même s'ils sont rentables, ces travaux représentent un coût, aussi des aides financières ont été mises en place par divers organismes : collectivités locales, l'Anah (Agence nationale de l'habitat), ENGEES, EDF… Dès lors que ceux-ci ont été réalisés par des professionnels certifiés Qualibat (qualification et certification des entreprises de construction)", précise Stefano Millefiorini, manager du pôle Energy Design Center chez Rockwool, spécialiste de l'isolation. A cela s'ajoute une bonne ventilation, pour ne pas subir les dégâts de la condensation. Et là encore, les équipements se montrent toujours plus innovants. On le voit avec la VMC double flux qui réinjecte à l'intérieur un air nouveau, préchauffé grâce aux calories générées par l'air sortant.  

Faire les bons choix pour garder et économiser les énergies

Pompe à chaleur, panneaux rayonnants, énergies fossiles, système solaire thermique, poêle à bois en complément d'un convecteur électrique (pour les maisons individuelles)… des solutions existent et de nouvelles tentent à percer, selon ces deux spécialistes. Reste à être patient et faire les bons choix. L'étiquette énergétique et les labels des logements et produits aiguillent les consommateurs vers un "mieux-agir". Mais "certains choisissent encore de se chauffer au poêle à pétrole, qui reste économique, mais le système polluant se révèle encore plus dangereux quand la ventilation est mauvaise", souligne André Joffre.