Vide-greniers et brocante : comment bien chiner ?

Les brocantes et vide-greniers recèlent de trésors que l'on chine avec plaisir. Encore faut-il avoir le bon œil pour ne pas se faire avoir, faire de bonnes affaires et repérer l'objet rare, même sous une épaisse couche de poussière. Voici des conseils avisés pour tous les chineurs.

Vide-greniers et brocante : comment bien chiner ?
© Ron Zmiri/123RF

Avant de se rendre dans une brocante

La première chose à faire est de s'assurer que la brocante a bien lieu. Afin de vous éviter de parcourir des kilomètres pour rien, mieux vaut appeler soit le numéro présent sur l'affiche de la brocante, soit la mairie. Ensuite, sans que cela ne devienne une expédition, il faut :

  • s'habiller léger,
  • penser à prendre de la monnaie car on marchande mieux avec du liquide,
  • emmener une loupe pour les connaisseurs,
  • ne pas oublier sacs plastique et papier bulle,
  • vider la voiture
  • ne pas la garer trop loin.

A quelle heure faire les meilleures affaires ?

(Très) tôt le matin, les antiquaires sont souvent passés : ces professionnels ont le coup d'œil et ne passent pas à côté d'une bonne occasion. Le soir, les brocanteurs remballent et donc, bradent. Le problème est qu'il ne reste souvent pas grand-chose. L'heure du déjeuner peut être un bon horaire : les brocanteurs remettent de la marchandise sur le stand, il n'y a pas trop de monde et l'on a, du coup, le temps de marchander les prix. Avoir de la monnaie avec soi est très important car, en fin de balade, si vous dites au vendeur que vous n'avez plus que cette somme sur vous, en général, il vous laisse les objets convoités à ce prix.

Les erreurs à éviter en chinant

Le plus important est de ne pas se précipiter sur l'objet souhaité car sinon vous pouvez être sûre que son prix va doubler. Il faut prendre du recul et ne pas se dire "je le veux absolument". Pensez aussi à regarder s'il y a une signature ou si l'objet n'est pas fêlé ou ébréché, s'il est bien complet... car sinon son prix peut baisser de moitié. Par exemple, pour une carafe, il faut bien vérifier que le bouchon est le bon. Il faut avoir un certain coup d'œil. Vous pouvez aussi faire semblant de vous éloigner en disant que ça reste un peu trop cher pour vous, avant de revenir.

Repérer les contrefaçons pour ne pas se faire avoir

Miroirs Régence, lustres en cristal, vasques de jardin en fonte, moulins à café... Le palmarès des objets anciens les plus copiés est impressionnant. Comment repérer une contrefaçon (copie réalisée dans l'intention frauduleuse de passer pour un original existant), identifier un objet en ivoire ou encore dénicher de vraies casseroles en cuivre ? Avoir un minimum de connaissances sur les différents styles, les différentes époques est important. Toute la période Art déco (1918-1940) est beaucoup plus chère que le reste. Mais, même lorsqu'il s'agit d'un coup de cœur, il n'y a pas de raison de le payer davantage que son prix réel.

Pour le mobilier, regardez aussi s'il n'y a pas de restauration à effectuer. Essayez d'évaluer les restaurations afin de vous éviter de mauvaises surprises par la suite. Méfiez-vous également des rafistolages qui cachent souvent un défaut, faites attention aux usures au mauvais endroit... Et surtout ne payez pas le double pour un objet juste parce qu'il est à la mode ! Cela ne justifie pas un prix exorbitant..

  • L'émail d'hier et d'aujourd'hui

La production des ustensiles de cuisine émaillés démarre avec succès en 1850. Avec les années et les progrès techniques, les formes s'enrichissent et les styles se diversifient. Peints à la main puis lithographiés, les motifs évoluent et s'adaptent en fonction des courants artistiques : Art déco, petits damiers dans les années 1940, motif "persil" (fleurettes bleues stylisées) pendant l'entre-deux guerres...

Aujourd'hui, la production d'objets émaillée revient à la mode, rendant encore un peu pus difficile l'authentification d'une pièce ancienne pour un particulier. De nos jours, ces ustensiles émaillés sont réalisés avec de l'émail à froid : les objets actuels ont alors moins d'éclat, un trait plus grossier et ressemblent plus à de la peinture. L'empâtement est parfois visible.

  • Le cuivre et l'étain fortement touchés par les faux

Astuce pour chineurs néophytes : devant ce genre d'objet, posez-vous les bonnes questions : la patine est-elle homogène ? Les traces d'usure semblent-elles avoir été dissimulées ? L'épaisseur et le poids s'amenuisent avec le temps, est-ce ici le cas ? Il faut savoir aussi, par exemple, que les cuivres anciens sont plus lourds que les récents.

Autre astuce pour tous les chineurs néophytes : pour détecter le vrai cuivre du faux, approchez un aimant de l'objet et s'il adhère, la pièce est fausse. Il s'agit d'acier recouvert de cuivre. Vous pouvez également gratter l'objet avec une pièce de monnaie, si une couleur rouge apparaît au centre de l'égratignure, vous êtes sur la bonne voie !

En ce qui concerne l'étain, la réglementation est claire et stricte : les objets poinçonnés sont composés de 95 % d'étain. Mais faites attention, la majorité des objets chinés dits en étain sont en plomb. Autre point de repère : le plomb est légèrement plus lourd et la patine plus mate.

  • La céramique authentique très difficile à trouver

Différencier une céramique ancienne qu'une copie relève de l'expertise professionnelle, pourtant quelques indices ne vous trahiront pas. Vérifiez la fluidité du dessin : le faussaire aura un tracé plus raide, alors que la peinture originale aura le trait libre sans contrainte. Attardez-vous sur la texture de la décoration : le rouge grand feu utilisé, entre autres par les céramistes de Rouen, présente un léger relief en surface. Enfin les chineurs avertis savent que les moulages sont généralement associés à une manufacture de faïence. Vous n'avez plus qu'à vous documenter sur les différentes formes d'assiettes et de vous munir d'une vraie pièce lors de vos balades.

  • L'ivoire, largement supplantée par le celluloïd

Souvent copié, jamais égalé, ce matériau interdit à l'importation depuis 1989, continue de fasciner les foules. Avec sa surfaces lisses et brillantes, son coloris blanc crémeux, l'ivoire a maintes fois été copié mais jamais égalé. Au début du XIXe siècle, les matières composites imitant l'ivoire, comme le celluloïd font leur apparition : une farandole de petits objets déferle alors dans les intérieurs dont les couteaux à manche imitation ivoire. Autre matériau concurrent mais cette fois-ci naturel : l'os. Une alternative intéressante largement utilisée au début du siècle. Alors, méfiez-vous, car ce qui est présenté comme de l'ivoire, n'en est pas toujours !

Pour se repérer parmi ce flot d'objets, Francis Migeon, maître d'art et restaurateur dans la région parisienne, donne quelques points de repères : "Les matériaux synthétiques sont réellement plus légers que l'ivoire, leur fentes transversales ne suivent pas le sens de la veine et des petites bulles en surfaces ou une trace de moulage vous confortera dans votre expertise de faux." Un dernier conseil : "si vous tombez sur une pièce ancienne en ivoire et qu'elle est cassée, évitez de le recoller vous-même car sa restauration par un professionnel n'en sera que plus difficile."

Quoi qu'il en soit, avant tout achat, demandez une facture détaillée et un certificat. Mieux encore, demandez l'avis d'un expert ou d'un antiquaire. L'expert procédera à une expertise minutieuse de l'objet et vous délivrera un certificat d'authenticité : sa responsabilité civile est engagée pour trente ans. Tranquillité assurée !

Comment bien marchander dans une brocante ?

Marchander fait partie du jeu ! Bien sûr, sans prendre les gens pour des imbéciles. C'est une question de savoir-faire mais on peut espérer faire descendre le prix de 20 à 30 %. Il faut le faire avec le sourire et avec gentillesse, et non comme si c'était un dû, une obligation. Pensez donc à mettre les formes. Les brocanteurs ne se vexeront pas, ils ont l'habitude. Le fait d'acheter plusieurs objets à une même personne est un élément supplémentaire en votre faveur pour faire baisser le prix. 

Rénover des objets chinés

  • Une soupière en émail en mauvais état. Commencez par retirer la rouille en laissant reposer une heure, une feuille de buvard imbibée d'eau de Javel, sur les taches. Pour réparer une fissure, dégraissez la surface abîmée avec de l'alcool à brûler, puis passez de la peinture spéciale émail en fines couches et laissez sécher durant une journée. L'intérieur est entartré ? Frottez avec une éponge imbibée de jus de citron. Faites attention, n'utilisez pas les produits détartrants classiques, ils sont trop corrosifs !
  • Une collection de pots en étain encrassés. Frottez-le avec un chiffon de laine préalablement trempé dans du pétrole. Rincez soigneusement puis astiquez énergiquement avec une peau de chamois. Brillance assurée ! Sachez que les objets en étain ancien mat peuvent également se nettoyer avec du blanc d'Espagne.
  • De vieilles carafes en cristal très sales. Une astuce de grand-mère : brisez des coquilles d'œufs et versez les débris dans la carafe. Ajoutez du jus de citron ou du vinaigre d'alcool. Agitez vigoureusement et laissez agir le produit une nuit. Rincez le lendemain avec de l'eau très chaude, séchez au coup. S'il reste encore des taches de lavage : versez de l'alcool à 90°, videz et laissez sécher à l'air libre. >> Pour aller plus loin, d'autres astuces pour nettoyer du cristal.
  • Un vieux fauteuil club à rénover. Commencez par faire disparaître les taches de graisse avec du talc, en le laissant agir quelques minutes. Brossez l'excédent de talc très doucement. Pour le nourrir, passez un chiffon imprégné de lait pour bébé. Il retrouvera sa brillance grâce à l'huile de lanoline, d'olive ou à un blanc d'œuf battu en neige tamponné sur toute sa surface.
  • Une chaise en paille marquée par les années. Dépoussiérez l'assise avec une brosse douce. Frottez toujours dans le sens des fibres. Si la paille est trop encrassée, lavez-la avec de l'eau chaude très salée (1 verre d'eau pour 1 verre de gros sel).Vous souhaitez blanchir la paille : passez du jus de citron sur l'assise de la chaise et rincez-la à l'eau claire. La paille retrouvera souplesse et brillance.
  • D'anciens objets en fer très endommagés. Réparez les trous et reconstituez les parties manquantes avec un mastic à base de résine époxy. Une fois sec, le mastic peut être limé et peint. Pour enlever la rouille, grattez-la à l'aide d'un couteau puis avec une brosse métallique et enfin une fine laine d'acier. Il ne vous reste plus qu'à peindre avec une peinture spéciale fer.