Robert Mallet-Stevens, précurseur du modernisme

Robert Mallet-Stevens compte parmi les piliers du modernisme français. Architecte de renom, il est un pionnier de l'architecture fonctionnaliste, où chaque élément est subordonné à l'utilité, tout en respectant les proportions et en se servant de la lumière comme matériau.

Biographie

Date de naissance 24/03/1886
Lieu de naissance Paris
Pays France
Décès 08/02/1945

La réinvention de l'habitat moderne


Robert Mallet-Stevens se tourne très jeune vers l'architecture et obtient son diplôme en 1910. Ses créations les plus remarquables sont ses villas privées, dont certaines viennent seulement d'être réhabilitées. On peut notamment citer la villa Poiret, restée inachevée jusqu'à la reprise du projet en 2008. On peut y voir l'influence du modernisme et de la Sécession viennoise dans la structure cubique aux lignes sobres, et l'importance de la lumière pensée comme un matériau qui définit les espaces. La maison est considérée comme un espace qu'il faut rationaliser pour qu'il s'adapte au mieux aux contraintes de la vie quotidienne. C'est également ce que le vicomte de Noailles demande à Robert Mallet-Stevens lorsqu'il lui confie la conception de sa maison : pas de décorations superflues, tout doit se conformer à une idée de fonction et d'utilité. L'architecte a également marqué l'histoire du design grâce à l'hôtel casino La Pergola, inauguré à Saint-Jean-de-Luz en 1928, et à la maison Trapenard à Sceaux, en 1932. Robert Mallet-Stevens s'est également illustré par sa conception de décors de films, qui se veulent le reflet de la psychologie des personnages, comme dans L'Inhumaine et Le Vertige de Marcel L'Herbier, en 1924 et 1927.

Robert Mallet-Stevens, héraut du modernisme


La vision fonctionnaliste et utilitariste de l'architecture développée par le modernisme se retrouve dans les essais écrits par Robert Mallet-Stevens. Dans Une cité moderne (1928) et Grandes constructions (1929), il pose les jalons de la nouvelle architecture. Il est aussi le fondateur de la revue L'Architecture d'aujourd'hui, et du groupe Union des artistes modernes, qui réunit les figures de proue du modernisme, comme Jean Prouvé ou Le Corbusier. Enfin, il prend la direction de l'École des beaux-arts de Lille dans les années 1930. En dépit de son investissement et du caractère innovant de son oeuvre, le travail de Robert Mallet-Stevens n'est pourtant pas reconnu à sa juste valeur de son vivant. Dans les années 1980, un regain d'intérêt pour son oeuvre aboutit à la reprise de certains projets abandonnés, comme la villa Poiret et la villa Cavrois. En 2005, le Centre Pompidou contribue à réhabiliter Mallet-Stevens en lui consacrant une rétrospective.