Salle de bains : comment l'aménager, la rénover et la décorer Robinetterie : comment la choisir ?

Mélangeur, mitigeur... Pour la douche ou le lavabo ? Difficile se s'y retrouver parmi les différents types de robinetterie. Martine Tuel, de la marque Jacob Delafon, livre ses conseils pour bien s'équiper dans la salle de bains.

Quels sont les différents types de robinets que l'on trouve sur le marché ?
Martine Tuel : On trouve trois grands types de robinetteries : les mélangeurs, les mitigeurs et les thermostatiques. Le mélangeur est le plus simple dans sa conception avec deux poignées (une pour réguler l'eau chaude, une pour l'eau froide) placées de chaque côté d'un bec haut. Fonctionnel, c'est aussi le plus économique. Ensuite, le mitigeur est lui formé d'un seul levier pour régler le débit et la température. Il peut être manipulé d'une seule main. C'est le plus pratique. Enfin, le thermostatique, pour la douche et le bain, va réguler automatiquement et de façon instantanée la température de l'eau. Une poignée pour le débit, une autre pour fixer la température souhaitée qui, une fois atteinte (le temps que l'eau chaude arrive de la chaudière...), se maintient quelles que soient les baisses de pression liées à d'autres points de puisage dans la maison. Plus de douches écossaises, ni de risques de brûlure. C'est le système le plus sûr. De plus, il contribue à des économies d'eau et d'énergie grâce à l'absence de tâtonnements pour obtenir et maintenir manuellement la bonne température. C'est le plus sophistiqué mais aussi le plus coûteux.

Dans la salle de bains, quel type de robinet faut-il choisir pour le lavabo, la baignoire ou la douche ?
M. T. : Pour commencer, sur les lavabos et les vasques, les mélangeurs sont appréciés pour la hauteur de leur bec qui permet de remplir aisément un verre d'eau, de s'asperger le visage ou de se mouiller les cheveux sans être plié en deux ! Il laisse un grand dégagement pour les mains dans les vasques peu profondes. Les mitigeurs sont quant à eux plus faciles à manœuvrer. Des modèles rehaussés, de 30 à 45 cm de haut permettent l'implantation à côté d'une vasque de type bol, très tendance, sans avoir recours à une robinetterie encastrée dans le mur qui demande une installation plus coûteuse.

il existe trois grands types de robinetteries : les mélangeurs, les mitigeurs et
Il existe trois grands types de robinetteries : les mélangeurs, les mitigeurs et les thermostatiques © Cécile Debise/Journal des Femmes

Pour ce qui est de l'équipement de la baignoire, il existe deux solutions d'installation : la robinetterie sera fixée soit sur la plage de la baignoire (ou sur la gorge), soit sur le mur. Pour la première option, il est important de tenir compte de la forme de la baignoire, de la largeur de ses plages et de l'emplacement de la manette de vidage. Car elles n'offrent pas toutes les mêmes possibilités. La robinetterie pourra se poser sur la longueur, en tête ou en pied... Une baignoire neuve en acrylique pourra être percée à la demande pour accueillir la robinetterie de votre choix. Une baignoire en fonte sera percée en usine et ne pourra être modifiée. Par ailleurs, il faut bien tenir compte de la saillie du bec dans le choix de pose de la robinetterie pour ne pas être gêné par le bec entrant ou sortant du bain, mais aussi pour que le flexible de douche ne soit pas endommagé par la manette de vidage de la baignoire. Concernant une installation murale, la robinetterie doit être fixée au mur sur la longueur de la baignoire (et non en pied de baignoire où la plage est plus large) afin que le bec projette l'eau à l'intérieur de la cuve et non sur la bordure. Dans les deux cas, un support de douchette à main intégré sur la robinetterie est des plus appréciés. Il permet une accroche aisée et esthétique de la douchette. Finis le flexible enroulé autour de la robinetterie et la douchette qui tombe régulièrement dans la baignoire ! Un deuxième niveau d'accroche est souhaitable, au moyen d'un simple crochet mural ou d'une barre de douche avec coulisseau afin de partager les plaisirs de la douche pour les petits comme pour les grands.

Et pour la douche, le thermostatique est indispensable sans conteste pour son confort de température constante et la sécurité qu'il procure en particulier pour les enfants grâce à la butée avant 40°C.

Quels sont les gages de garantie d'un bon robinet ?
M. T. : Tout d'abord, l'expérience d'une grande marque est un gage de qualité. Ne pas négliger la durée de la garantie, généralement 5 ans et la qualité du service après-vente. Un achat par l'intermédiaire d'un professionnel vous garantit la fourniture de pièces de rechange et évite souvent le remplacement du produit, même après de nombreuses années. Ensuite, on peut s'orienter vers des produits marqués NF et conformes à la loi française de janvier 2007, c'est-à-dire ayant obtenu l'Attestation de Conformité Sanitaire qui assure que les composants du robinet ne dégradent pas la qualité sanitaire de l'eau.

Quelles sont les innovations sur ce marché ?
M. T. : Les innovations portent principalement sur les robinetteries créées pour les seniors et les personnes à mobilité réduite, ayant des soucis de préhension des manettes et d'effort de manœuvre. Certains mitigeurs sont équipés d'un levier long (150 mm) et de mécanisme séquentiel permettant de régler le débit et la température dans un seul mouvement sur un quart de cercle. L'ouverture de l'eau froide se fait progressivement jusqu'à plein débit puis le mélange se fait avec l'eau chaude. Le levier long associé et ce type de mécanisme permettent un déplacement du levier à l'aide du coude. L'évolution se retrouve également dans des systèmes d'économies d'eau intégrés à la robinetterie. Cela peut être un point de résistance à mi-course du déplacement vertical du levier du mitigeur. Ou de façon plus simple et plus universelle, le remplacement du mousseur ou aérateur en bout de bec par un type plus réducteur ou régulateur de débit.

Et côté design ?
M. T. : Le design actuel dans la robinetterie génère des produits aux formes cylindriques ou des assemblages de rectangles à angles droits. Les formes sont épurées, minimalistes avec un souci d'intégration des aspects techniques. L'aérateur est intégré dans le corps, il est discret. L'eau jaillit naturellement. L'inverseur bain/douche n'est plus une protubérance sur la surface supérieure du robinet. Il se fait discret, intégré dans une poignée de thermostatique ou autour de la sortie du flexible de douche.

En savoir plus : www.jacobdelafon.com

(Propos recueillis par Emmanuelle Paul en février 2008)

Sommaire