Vous pratiquez la poterie ? Montrez-nous vos créations(63 contributions) Participez
"De la passion, un métier"Anne-Gaëlle Le Tohic, Enkenbach-Alsenborn
Comment avez-vous appris les techniques de la poterie ?Autodidacte pour le modelage et la sculpture, je joue avec la terre depuis toujours !J’ai effectué 2 ans d’apprentissage chez Dorothea Chabert à Wolfsburg en Allemagne. Maître-Céramiste de renom Outre-Rhin, elle fait actuellement l’objet d’une rétrospective itinérante « Object Born Not Made » sur ses 50 ans de carrière et 30 ans d’atelier à Wolfsburg, avec un accompagnement didactique. Pour tous les amoureux de belles céramiques, à voir absolument. J’ai appris à ses côtés comment préparer une terre plastique, tourner (sur un tour traditionnel en bois… ), élaborer les glaçures à partir d’éléments naturels comme des terres minérales et des cendres, apprécier une forme suivant ses éléments caractéristiques (pied, col, ventre, anse, bec… ), faire naître un objet, la beauté de celui-ci étant inhérente à sa fonction. Elle m’a guidé dans mes lectures, du « livre du Potier » de Bernard Leach, au philosophe Soetsu Yanagi. Daniel de Montmollin, pour ces études "pratiques des émaux de grès" et "pratique des émaux de cendres", fut aussi une référence. Je m’y replonge au besoin. Grâce à son fils Simon Fukuda-Chabert, qui a vécu et travaillé de nombreuses années en tant que potier au Japon, j’ai découvert aussi des traditions de cette autre terre ancestrale de la céramique : la façon particulière de battre la terre, les techniques liées à la cuisson dans les Naborigama, tout comme la cérémonie du thé… Il m’a appris aussi quelques rudiments de Raku... La pratique même dans mon atelier a permis d’épanouir toutes ces connaissances accumulées et de trouver mon propre chemin… Le feu, dernier maître, me délivrant à chaque fournée son approbation ou me montrant mes erreurs ! Genèse d’une passion Depuis toujours, la terre m’a fascinée. Mélangée à de l’herbe , au fond du jardin, sous un cyprès, j’en faisais des cabanes, des bouillies appétissantes( ! ) pour mes poupées... En 1987, j’ai 9 ans. A l’automne , il y eut un grand ouragan, la plupart des cyprès, une belle rangée de plus de 60 ans d’âge , est déracinée dans le jardin, mon jardin secret. Pourtant, dans ce chaos, exactement sous la souche de celui qui m’abritait , je trouve un petit tas d’argile blanche. Oh, pas énormément, peut-être à peine 2 kilos. Que faisait-il là, au milieu d’une terre végétale, sur un sol granitique, je ne le saurai certainement jamais. Mais il était là pour moi, aujourd’hui j’en suis sûre. J’emporte mon trésor, et en fais une cruche, des petits pots, un panier pour ma dînette… Mes parents m’offrent aussi plus tard un pain d’argile rouge et quelques outils, je peux patouiller à mon aise… Les années passent, collège, lycée, prépa math’ sup . Math’ spé . J’étudie , puisque après je pourrai choisir ce que je veux faire comme métier, et j’oublie un peu ma terre… Arrivée en licence, je fais accessoirement de l’animation et retrouve lors d’ateliers périscolaires, mes premiers amours ! Mon petit studio studieux se transforme de temps en temps en atelier d’artiste ! Je sculpte, bustes, elfes-porte encens, trolls-cendriers, cochons… J’essaye , j’improvise , dans des matériaux céramiques différents, dont je ne connais encore aucune propriété. Je cherche autour de ma ville des artisans, dont l’art me plaît, et qui pourraient m’enseigner leurs savoirs. En vain, surtout lorsqu’on me répond : "je n’ai pas besoin de tourner, moi, j’expose à Paris"… Eté 2000, je rencontre Laurent, qui deviendra mon mari, mon plus grand soutien, réconfortant et encourageant, fier de mon travail et premier critique. Il doit partir pour une mission de plusieurs mois dans une ville allemande. Laurent ne parlant pas un mot d’allemand , je décide de le suivre, du moins pour quinze jours, d’ici ma rentrée étudiante, afin de l’aider à s’installer . Je resterai 2 ans dans cette ville nouvelle sans âme, aucune, à part peut-être dans son château ! Celui-ci est transformé en centre d’arts modernes, ateliers de peintres, de photographes (…), et plusieurs galeries. Je demande au gardien des lieux, s’il n’y aurait pas, au plus grand des hasards, des cours en céramique de donnés. Un peu bourru, le monsieur me répond que non, mais qu’il y a un atelier de potier dans le coin de la remise, par là-bas… Un peu intimidée, je me rends vers "là-bas", bafouille deux trois mots à une dame d’un certain âge, à travers la fenêtre de sa cuisine... Réponse, du moins ce que je comprends : "je n’ai pas le temps, mais attends". Elle revient avec son catalogue, me le tend : "reviens dans une semaine"… Je dois partir dans 10 jours… Je me plonge dans son ouvrage : c’est elle, que je recherchais, je suis fascinée, malgré mon allemand hésitant, je comprends tout. Ce que représente son travail, les matériaux, j’adhère immédiatement. Une semaine plus tard, me voilà de retour au château. Elle est là, sous ses arbres. Oasis, dans cette ville démente. Elle a sorti une table et deux chaises. Une théière fumante et deux tasses attendent (dois-je préciser de sa fabrication ? ). Je veux travailler avec elle. Elle me propose : "une bonne formation de base, c’est deux ans minimum ; je suis vieille, j’ai plus de 70 ans, il n’y aura pas d’argent entre nous. Tu m’aides pour les travaux lourds, en échange de quoi, je t’apprends tout ce que je sais". Marché conclu… Sur le bord de la Morena, où je puise un de mes matériaux, un enfant me renvoie mon image. Il joue avec quelques cailloux et de l’argile , veut faire le barrage d’un petit filet d’eau . Comme moi, il est tout crotté. Sa maman le gronde. Laissez faire, madame, votre enfant devient architecte, maître de grand oeuvre. Et moi, j’ai choisi : je suis devenue céramiste ! Statuettes, vases... quelles sont les pièces que vous aimez le plus réaliser ?Si le contact charnel avec la terre a été le premier facteur de ma passion, aujourd’hui l’élaboration des glaçures me fascine tout autant. A partir de différentes cendres et de matériaux que j’extrais moi-même, j’élabore mes propres recettes. Suivant mes balades dans les différentes régions traversées, j’emporte des échantillons de terres minérales, et fais des essais.Emaux de cendres et de grès, mes pièces sont cuites à haute température (1300°C )... La recherche de formes pratiques est guidée par une utilisation journalière. Une cruche ne "fuit" pas ; en forme d’anneau , une assiette bébé tient dans la main et permet à la cuillère de tout racler rapidement... Pratique, avec 2 enfants en bas âge à la maison ! Je retrouve avec joie le modelage, dans les décors de ma collection-bébé, et la sculpture dans mes moments récréatifs ! Les lampes sont créées à partir d’une coopération avec Annie Calvez, une peintre et artisan d’art breton, qu’on peut retrouver sur le marché de Pont-L’Abbé . Ses abat-jour sont faits à la main à partir de sables, papiers, feuille de maïs, tissus, galets… Technique et gabarit sont choisis en concertation, suivant les pieds que je lui confie. le 29 mars 2010
Vase, vaisselle, statues... vous êtes devenue une fervente adepte de la poterie et de ses possibilités créatives ? Comment en avez-vous appris les bases ? Témoignez de votre passion et montrez-nous vos plus belles créations.
Participez Sur le même thème Vos réactions
Autour du même sujetVous êtes un as de la récup' ? Montrez-nous vos créations ! - appel à temoin Vous êtes férue de mosaïque ? Montrez-nous vos créations ! - appel à temoin Vous êtes un as de la récup' ? Montrez-nous vos créations ! - appel à temoin Vous êtes férue de mosaïque ? Montrez-nous vos créations ! - appel à temoin Vous êtes une adepte du décopatch ? Montrez-nous votre dernière création ! - appel à temoin Vous êtes une adepte du patchwork ? Montrez-nous vos créations ! - appel à temoin Vous avez customisé vos coussins ? Montrez-nous ! - appel à temoin Vous avez customisé vos coussins ? Montrez-nous ! - appel à temoin
|